LE CARÊME EST UN DON

Publié le 25 Janvier 2013

Dimanche prochain, nous fêterons la Septuagésime. Nous entrerons dans la période des gésismes qui précède le Grand Carême. C'est un temps de préparation spirituelle pour bien vivre notre ascension intérieure jusqu'à Pâques. Cette période préliminaire se termine par le Mercredi des Cendres, jour de passage d'un temps à un autre. Mais pour bien comprendre ce que l'Eglise nous invite à vivre, j'ai trouvé ce texte du Père Alexandre Schmemann qui me paraît tout indiqué. Bonne lecture et bonne ascension en compagnie du Saint Esprit !

 

 

Le Grand Carême est un don, un don que Dieu nous fait, un don admirable et merveilleux, un don que nous désirons. Mais en quoi consiste ce don ? Je dirais que c’est le don de l’essentiel – oui, le don de ce qui est essentiel et qui pourtant manque souvent dans notre vie parce que nous menons une vie confuse et dispersée. Cette vie sans cesse nous cache le sens éternel, glorieux, divin de la Vie, et nous enlève ce qui devrait nous motiver, et dès lors devrait corriger notre vie et la combler de joie. Et cet essentiel c’est l’action de grâce : accueillir cette merveilleuse Vie de Dieu, « créée du néant », créée exclusivement par l’amour de Dieu, car il n’y a pas d’autre raison à notre existence. Dieu nous aime avant même notre naissance et il nous emmène en sa merveilleuse Lumière. Quand avons-nous pensé la dernière fois à cela ? À présent, nous vivons et nous oublions. Mais nous n’oublions pas nombre de petites choses, des préoccupations qui transforment toute notre vie en un vacarme vide, en une sorte de voyage sans but.

 

Le Carême nous redonne, nous rend cet essentiel – ce fondement essentiel de la Vie. C’est essentiel parce que cela vient de Dieu, parce que cela révèle Dieu. C’est le temps essentiel, parce que le temps est un grand, un très grand champ de péché. Quel est ce temps ? Celui des priorités. Et combien de fois nos priorités ne sont pas ce qu’elles devraient être? Mais pendant le Carême, nous attendons, nous écoutons, nous chantons... Et nous verrons petit à petit que ce temps est brisé, éparpillé ; il nous amène, vide de sens, à la mort et à rien d’autre. Nous verrons que ce temps redevient attente, redevient précieux et que son but est de plaire à Dieu. Nous ne voudrons plus en retirer une seule minute, mais nous accepterons de Dieu sa Vie et nous la lui restituons, accompagnée de notre gratitude, de notre sagesse, de notre joie et de notre achèvement.

 

Comprenons-nous bien, frères et sœurs, quel pouvoir nous est donné par le Grand Carême ? Le Carême du printemps! Le Carême naissant ! Le Carême de la Résurrection ! Et tout cela nous est donné gratuitement ! Venez, écoutez cette prière, faites-là vôtre ! N’essayez pas d’y réfléchir tout seul, mais unissez-vous les uns aux autres, entrez seulement et réjouissez-vous ! Et cette joie nous débarrassera de ces vieux, douloureux et lassants péchés. Et nous obtiendrons ainsi cette grande joie que les anges ont entendue à Bethlehem, que les disciples ont connue lorsqu’ils sont rentrés à Jérusalem après l’Ascension du Christ. Et cette joie qui leur a été donnée, nous l'adoptons volontiers. C’est tout d’abord la joie de la certitude, la joie d’avoir en nous ce qui, que nous le voulions ou non, commencera à transformer la vie en nous et autour de nous !

 

Extraits d’une homélie du père Alexandre Schmemann

prêchée le dimanche du Grand Pardon, le 20 mars 1983,

en la chapelle du séminaire Saint-Vladimir.

Rédigé par père Stéphane

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article