La Foi et la Guérison
La Foi et la Guérison
Homélie du 25 janvier 2009
Lectures : Ml 1, 11-14 ; Rm 12, 16-21 ; Mt 8, 1-13
+ Au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, Amen.
Bien aimés en Christ,
Qu’est-ce donc avoir la Foi ? En principe, on répond que c’est croire en Dieu. Mais, ne serait-il pas plus juste de dire qu’avoir la foi c’est tout simplement croire Dieu ? Car il me parait plus important en ce qu’Il est et en ce qu’Il dit ! C’est alors se placer tout entier entre les mains de Dieu avec confiance et espérance. C’est être comme un enfant dans les bras de sa mère ou de son père. L’enfant croit en la puissance de ses parents pour le protéger, l’aider et lui donner ce dont il a besoin pour vivre. Il croit en leurs paroles tendres ou dures. Il est persuadé qu’en tout lieu et en tout temps ses parents l’aiment et veillent sur lui. Cependant, il ne faut pas croire que cette foi profonde est une foi aveugle et simplette. Car l’enfant, en tant que personne, a son propre jugement. Toutefois, il existe un lien indéfectible entre lui et ses parents. C’est ce même lien que Dieu souhaite tisser avec ses enfants. En effet, si le chrétien reconnaît avoir Dieu comme Père, il doit avoir envers lui une foi profonde, simple et fidèle.
Quand, dans l’Evangile d’aujourd’hui, le lépreux demande au Seigneur de le guérir, il ne doute pas une seconde que Jésus a la puissance de le faire. Son seul doute, alors, réside en la volonté de Dieu d’agir en sa faveur. Il y a là une nuance de taille ! Qu’en est-il dans notre vie de chrétien ? Avons-nous toujours la même intensité de foi envers le Seigneur ? Dans ce même Evangile, saint Matthieu nous raconte l’histoire d’un centurion qui vient voir Jésus pour lui demander de guérir son serviteur malade. Il est noter que le centurion ne demande rien pour lui-même. Il accomplit cette démarche pour son serviteur. Il ne s’agit même pas d’un parent ou d’un ami, mais simplement de son serviteur. Compte tenu du contexte politique, de son statut d’officier romain et de sa non appartenance à la religion juive, le geste de cet homme demande un grand courage. D’ailleurs, saint Luc nous révèle que le centurion demande à des dignitaires juifs d’être ses intermédiaires auprès de Jésus. Mais, au-delà de ces considérations importantes, le centurion sait que Jésus peut accomplir cette guérison. Il a foi en son pouvoir, même s’il ne sait pas vraiment d’où il lui vient. Et, comme il se sait indigne de recevoir Jésus en sa demeure, il lui demande simplement qu’elle est sa volonté. Car, comme le lépreux, le centurion doutait que le Seigneur veuille lui venir en aide. En effet, qui connaît la volonté de Dieu ?
Cependant, comme cet officier romain a foi en la toute puissance de Jésus, il saisit l’opportunité de sa présence à proximité pour lui demander de bien vouloir sauver son serviteur. Il agit avec compassion en reconnaissant la valeur d’un homme, fut-il serviteur. Cet homme de bien est en marche vers le Royaume. Et puisque ce centurion croit en la toute puissance du Seigneur, il sait qu’il n’est pas nécessaire que Jésus se déplace lui-même ; sa parole est le signe de la guérison. Sa volonté divine n’est pas limitée par l’espace. Cette péricope évangélique nous montre que la foi éclairée n’est pas l’apanage des compatriotes de Jésus. D’où l’étonnement du Seigneur face à la démarche du centurion. C’est pourquoi il le cite en exemple pour la profondeur de sa foi, lui l’étranger romain.
Aujourd’hui, cet exemple est toujours à méditer pour en retirer la sève nourrissante. Il faut bien avouer qu’il nous arrive parfois de douter de la tout puissance de Dieu dans notre vie. Je voudrais prendre comme exemple le peu d’intérêt d’un grand nombre de chrétiens pour la sainte Eucharistie. Pour moi, depuis toujours, c’est le sommet de ma vie chrétienne. Je sais, par ma foi éclairée, que le Seigneur Jésus-Christ est vraiment présent dans le Pain et le Vin consacrés. Je sais qu’il est là, vivant, et que tout est possible à celui qui l’accueille avec foi et amour. Lors de la communion, je me détache du monde pour recevoir en moi le Roi de Gloire, avec un désir réel et profond. Je souhaite seulement être uni au Seigneur pour que sa puissance agisse en tout mon être. Toute mon attention se focalise sur les Saints Dons placés sur l’autel. Je réalise que la seule guérison utile qu’il faut demander au Seigneur, c’est d’être à jamais libéré de ce sentiment de satiété qui nous éloigne de la Communion. Avec saint Augustin, je peux dire : « le Christ, c’est le Pain qui cherche la faim ! »
En relisant l’épître aux Romains de ce matin, et en gardant à l’esprit cette lumière eucharistique, on peut être interpellé par cette phrase : « si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire. » (Rom 12,20) Il me semble que pour un chrétien, cet ennemi peut être le vieil homme qu’il faut combattre. Et le meilleur moyen pour l’aider à se transformer n’est-il pas de lui donner comme nourriture la Sainte Eucharistie, le plus souvent possible ? Il y a là un grand mystère qu’il peut être profitable de méditer avec l’aide du Saint Esprit. En effet, comment le chrétien pourra-t-il recevoir sa complète guérison s’il ne communie pas avec une foi éclairée par l’amour et la crainte de Dieu ?
Le livre de Malachie commence par ses paroles de Dieu : « Je vous ai aimés… » (Ml 1,1). Et l’amour de ce Dieu pour ses créatures, pour ses enfants, est sans limite et va même au-delà de nos pensées. Ce Dieu fou d’amour a été jusqu’à livrer son Fils unique pour sauver sa création. Et ce don incommensurable se perpétue dans la Sainte Eucharistie. Le Christ, l’Epoux de l’Eglise, est le Pain de Vie qui inlassablement cherche la faim chez les humains. Il est la Manne inépuisable qui, grâce aux prêtres, est répandue et offerte à tous.
En ce dimanche de la foi et de la guérison, demandons au Seigneur de nous guérir de tous nos maux, lorsque nous approcherons de l’autel pour le recevoir dans les Saints Dons. Et puissions-nous entendre en notre cœur les paroles que le Seigneur adressa au centurion : « va, et qu’il te soit fait selon ta foi ! »
Amen !
Père Diacre Stéphane
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