Apophtegmes de saint Jean de Saint Denis (1)


Suis-je riche ? Suis-je pauvre ? Que Dieu soit loué.

Seigneur, donne-moi, mais si Tu ne donnes pas, sois béni. Faire la volonté de Dieu, se remettre à Lui.

Que la culture de la confiance en la Providence nous éloigne des soucis.

Sachons, mes enfants, que ceux qui souffrent à présent participent eux aussi à la purification de l'humanité.

Le chrétien se dévoile lorsque tout est perdu, lorsqu'il n'y a plus d'espoir.

Ne faites pas confiance aux sentiments de votre âme, opposez quelque chose de positif, confessez l'opposé. Vous êtes tristes : confessez la joie. Dans la désespérance : je suis joyeux en Christ. L'âme blessée par l'inquiétude et l'angoisse : je suis vainqueur en Christ.

Ceux qui se sentent parfois complètement perdus, tristes intérieurement, peuvent réjouir les autres.

Aucune communauté ne peut résister au jugement du frère.

Découvrir sa route personnelle est au commencement de toute vie spirituelle authentique. Cela prend parfois de longues années.

Laissant les mots vous pénétrer, sans vous presser de pratiquer telle ou telle voie, butinant ici et là, comme des abeilles, votre nourriture propre, prêt à accepter ou à repousser ce qui n'est pas bon pour vous.

Ne nous appliquons pas trop vite à imiter les saints... Avancez sans précipitation. La vie spirituelle grandit comme une plante, organiquement. Prenons le chemin moyen, et n'oublions pas la base : la sobriété.

Il arrive souvent que ce qui est contre les normes soit plus salutaire et plus efficace même du point de vue religieux. Dieu peut s'atteindre par des chemins détournés.

Il est impossible que la vie de chaque homme soit toujours conforme aux normes. Nous rencontrons des êtres qui, tout en péchant contre elles, réalisent parfois quelque chose de plus authentique.

Remettez consciemment votre vie entre les mains de Dieu, comprenez que tout vient de Lui et que tout a un sens. Ne craignez pas.

Une des formes de prière les plus exactes, les plus directes, les plus simples est de ne jamais penser, mais de toujours parler à Dieu.

Celui qui sait obéir dans le déroulement de sa vie se dégage de la pesanteur du destin.

Tiens-toi dans l'enfer et bénis Dieu.

Quand vous êtes complètement dans les ténèbres, quand tout va le plus mal possible, à ce moment là, si vous voulez la puissance, bénissez Dieu.

Il faut répondre à nos frères et à n'importe quel événement par la joie.

Un chemin consiste dans la simplicité, l'unité de la vie, à ne pas chercher les difficultés, les épreuves, à croire en Dieu sans chercher de sublimes perfections, à se considérer comme peu de chose. C'est une voie sans effort ni tension. Ce chemin évite les hauts et les bas, les luttes, la grandiloquence. C'est le chemin de l'enfance.

Dieu doit d'abord descendre et ensuite l'homme s'élèvera vers Lui. Quand la relation est inversée, quand l'homme décide de monter vers Dieu, il chute... Celui qui force pour attraper Dieu ne l'atteindra pas.

Nous pouvons dire : "Mon âme est abattue", au lieu de dire : "Je suis abattu", et : "Ce ne sont pas mes pensées", mais : "Ce sont des pensées qui envahissent mon âme."

Je suis triste, disons-nous. Non ! Quelque chose dans mon âme est triste.

Quand vous saurez dire : "Mon âme est inquiète", vous n'alimenterez plus votre inquiétude.

Nous devons considérer l'âme non comme le centre, mais comme une périphérie de l'esprit. Car quand mon âme est triste, mon esprit est joyeux.

Remettre les moindres détails en Dieu. Dieu a voulu, béni soit notre Dieu.

A travers les vagues de notre agitation, nous devons retrouver un point de repère intérieur.

Le sens de la religion, c'est la beauté.

Les sacrifices difficiles a priori n'ont aucune valeur. Un homme qui rend sa vie spécialement pénible est invivable pour les autres et pour lui-même.

Nous ne devons être ni plus petits ni plus grands que nous sommes, et prendre garde, afin de ne pas empiéter sur nos limites.

La vérité qui peut contredire la charité n'est pas celle du Christ.

J'ai vu des âmes retarder leur montée spirituelle, parce qu'elles voulaient être parfaites. La construction du temple merveilleux autour d'elles empêchait le Verbe d'y pénétrer. J'irais plus loin : pour devenir un saint, renoncez au goût de la sainteté.

La difficulté de la vie spirituelle naît de la confusion des événements intérieurs avec "Je". Tant que nous pensons : "Je suis triste, je suis malade, j'aime, je déteste", nous sommes encore psychiques.

Sans décision, point de chemin spirituel. Mais, direz-vous, le chemin peut-être inexact. Si vous le prenez sincèrement devant Dieu, il deviendra exact. Si vous balancez toute votre vie entre deux routes, vous êtes mort, dispersé, et vous tournez le dos à la vraie vie spirituelle.

Tâchez de surmonter votre "moi", faites-en abstraction en répétant ces paroles saintes et infaillibles : "Dieu est ma joie que je Le ressente ou ne Le ressente pas : Dieu est ma joie."

Le mouvement intérieur de Dieu est la compassion... La compassion est le moteur du monde nouveau, la base de la véritable culture chrétienne.

L'amour du Christ est sans limite pour chacun d'entre nous... Dieu aime tout, même le diable. Le Christ Qui a pardonné sur la Croix meurt pour le monde... pour tout le monde.

Dieu aime chacun uniquement, pour soi. Il n'aime pas de la même manière chaque être, mais Il les aime tous... De même, nous sommes appelés à aimer tous les êtres et chacun de façon unique.

Luttez contre vos défauts, et n'imaginez pas que vous pourrez les déraciner avant le temps... Nous n'avons que faire de ces moralistes agités, prisonniers de la critique. Plus la vie spirituelle en Christ augmentera, et plus le mal sèchera, arraché par la main des anges.

Essayez de vous confier à elle (Marie) et vous verrez immédiatement qu'elle sait vous écouter dans les plus petites choses, capable de tout entendre, de tout comprendre.

Il existe deux sources de la connaissance de Dieu : la Bible et la nature.

Une Église trop bien installée perd le Saint-Esprit. La théologie est savante, les églises sont somptueuses, mais la vertu devient ennuyeuse, sinon méchante et triste.

Je serai riche, j'accepte. Je serai pauvre, j'accepte. Je suis un raté ou un génie ? Comme Dieu voudra. La répétition de cette phrase nous donnera la paix.

Pour nous, tout est important dans tout est central ou plutôt ce qui est central n'est pas écrit.

L'Évangile renferme un océan de silence.

La morale n'est pas en soi, mais en face d'une autre âme, en face de Dieu, en face de la vie d'un être.

L'ami le plus intime de l'homme est l'ange gardien.

Mes amis, soyons ordinaires, cela est magnifique.

Chaque matin, en te levant, considère ton passé comme mort. Sache mourir et ressusciter.

Plus nous progressons et plus nous sentons que nous ne sommes rien : pécheurs, petits, néants, ignorants ; et le Christ est en nous et notre bonheur grandit.

La résurrection universelle, cosmique, totale est la promesse du Christ.

Il est absurde de penser que l'art puisse être un élément de luxe. L'art est le pain quotidien de l'âme. L'art sous ses différentes formes - la culture, la civilisation, les rapports humains - est aussi indispensable que le pain et l'eau.

La première qualité d'un orthodoxe est de demeurer toujours joyeux, bienveillant, plein de confiance.

Les monstres et les abîmes : notre subconscient, le bien et le mal qui sont en nous, que tout bénisse le Seigneur. Ce climat de louange est primordial pour avancer dans la vie spirituelle.

Confesser la Foi chrétienne et ne jamais absolutiser son expression.

Si aujourd'hui tu méprises un athée ou un schismatique, demain cela peut changer, et tu vas mépriser le Christ.

Ou bien Dieu est partout présent, ou bien on limite la présence de Dieu, et dans ce cas, à un moment donné, tout se déchirera.

Il faut savoir accepter l'infirmité de notre pauvre volonté et entrer en boitant dans le Royaume des Cieux, car le Seigneur de Gloire a invité les boiteux et les estropiés.

La rigueur du plan divin et la folie de Son amour qui pardonne tout.

Mes amis, essayez de supprimer cette nuisible habitude de parler les uns des autres je dis bien simplement parler des autres, et non médire. Si vous ne pouvez parler de Dieu, parlez d'autre chose, mais que Jacques ne parle pas de Pierre. Non, parler de son voisin n'est pas une marque d'intérêt ; rien n'est plus dissolvant que le bavardage.

N'oubliez pas que Dieu est léger. Il est le soleil qui éveille la nature au printemps et dore le moindre brin d'herbe.

La morale orthodoxe est la morale du cœur plus que de la conduite. Le Christ n'a pas dit : les gens de conduite pure, au dossier vierge verront Dieu, mais les purs de cœurs.


Le monde sans Dieu est une œuvre d'art sans génie, une fleur artificielle.


N'appauvrissons pas notre esprit par la lettre.


La prière la plus simple, c'est "Tu".


L'Église, la vraie Église, est toujours de l'époque sans être englobée dans l'époque, présente, absente, dans le monde sans être du monde.


Car le Christ est mort pour nous, pour les bêtes, les plantes et pour toute la création.


L'Orthodoxie a deux caractéristiques : d'une part, le sentiment de la Présence plus ou moins ressentie, et d'autre part, allant à sa rencontre, l'action de grâce.


Il est des lieux et des êtres où la Présence est accentuée.


Tout doit être accompli dans la simplicité du cœur sans grandiloquence, avec sobriété d'esprit.


Toute la nature parle de Ta grandeur, loue Ta bonté, dévoile Ta sagesse.


Les tout humbles sacrifices quotidiens des petites gens équivalent et sont parfois supérieurs aux grands sacrifices de l'humanité, même celui d'Abraham.


Cet état de prière où nous avons besoin de Dieu pour la moindre chose...


Garder l'état de vigilance au sein de toutes les nuits de l'humanité et de notre existence...

Persévérer sans trop chercher à comprendre comme les pasteurs (les bergers avant Noël), à veiller dans la prière même si cela semble sans résultat.


Je ne veux pas venir vers Dieu parce que je ne suis pas digne, je suis impur... Tu veux donc acheter Dieu avec ta vertu ? Tu aimes ta vertu, ta dignité plus que Dieu ? Allez vers Dieu sans conditionnement, laissez tomber votre personne. Aimez Dieu ! Le reste vous sera donné par surcroît.


A travers les symboles, les images, les rites, les signes, la Sagesse de Dieu ne s'impose pas du dehors. Elle se propose... Le génie liturgique et son expression symbolique répondent aux diverses catégories de l'être humain, sans pression aucune.


Nous devons commencer par la justice et finir par la miséricorde, d'où ce symbolique signe de Croix de droite à gauche et non l'opposé. Dieu veut que tout s'achève dans le pardon et la miséricorde.


Et la parole de l'Évangile : "Les justes seront placés à droite et les pécheurs se tiendront à gauche ; les justes entreront au Paradis selon la justice et les pécheurs selon la miséricorde."

Dieu ne peut être offensé. Ceux qui l'offensent sont des malheureux pris dans leur enfer passionnel. Il faut prier pour eux.


Si nous cessons de bénir, nous perdons la puissance et nous devenons fades, un peu tristes, un peu courbés.


L'ange a de l'amitié pour l'homme, fidèle et discrète... Nos amis les anges gardiens veillent et restent invisibles.


Nous ne sommes point nés pour souffrir ni être persécutés. Bref, on ne doit jamais désirer, chercher librement la tentation, le martyre ou la souffrance, et si nous sommes éprouvés, acceptons-le simplement en Christ.


On aime beaucoup dans nos communautés, mais on aime mal. On ne peut aimer son prochain si on ne l’honore pas, si on ne le respecte pas profondément.


Si je parle de l'économie, de ce principe qui affirme qu'on doit condescendre pour élever, qu'est-ce sinon l'amour ?


Un sentiment profond d'un être peut parfois le régénérer, et l'Église doit l'accepter, même si ces rapports humains risquent parfois de paraître, pour un certain temps, amoraux.


Que de fois les chutes nous conduisent vers la Lumière.


Vous êtes dans l'agitation ? Dites-vous : "Je dois tout sacrifier, même si cela est pénible, pour arriver à la paix." Mettez- vous dans la paix artificiellement.


Car que veut dire Dieu trinitaire, si ce n'est Dieu de charité ? Là où il y a trois, c'est la perfection de la charité.


Même si l'homme n'avait pas péché, Il serait venu malgré tout vers nous... Le Verbe est Philanthropos, l'Ami de l'homme.


La charité fait confiance même à ceux qui ne sont peut-être pas dignes de confiance, non par manque de clairvoyance, mais parce qu'elle ne veut pas voir. Elle préfère être trompée que se tromper.


Chaque homme possède l'image et la ressemblance de Dieu. Celui qui regarde la faute avec mépris, est du diable.


Que votre aumône soit comme un culte rendu à Dieu Qui habite dans le mendiant, car le vrai mendiant est le Christ Qui frappe à la porte de votre cœur, en demandant votre hospitalité.


Le Christ avec l'Incarnation a sanctifié la nature.


La moindre parcelle de l'icône est temple.


Toute icône est miraculeuse. Comme le temple, elle renferme la puissance divine.


 

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