Petit memento des bonnes pratiques (2)

Publié le 20 Juin 2012

Se lever et s’asseoir pendant la liturgie : la juste attitude du chrétien pendant la liturgie est de rester debout. C’est d’ailleurs ainsi que pratiquent les orthodoxes orientaux. En Occident, cette coutume n’est plus habituelle, mais il n’en demeure pas moins qu’il est nécessaire de rester debout à certains moments de la liturgie. Voici quelques rappels utiles :

- durant le chant des psaumes, on se tient debout au début et à la fin pour chanter la doxologie. Le reste du temps, on peut s’asseoir.

- pendant la lecture de l’Evangile, on doit se tenir debout.

- pour écouter l’homélie, on est assis pour mieux écouter.

- pour chanter le Credo et le Notre Père, on doit être debout. Il est bien de se signer au début et à la fin de ces prières.

- pendant les prières de consécration des Saints Dons, on doit être debout.

- pendant les litanies et les diptyques, il est préférable de rester debout.

- après la communion, on peut rester assis pour méditer.

- à la fin de la liturgie, pour rendre grâces et recevoir la bénédiction finale, on doit être debout.

- généralement, à chaque fois que la doxologie est chantée, il est préférable d’être debout afin de pouvoir s’incliner à l’invocation des trois Personnes de la Trinité.

 

Ces indications ne sont pas des règles absolues. Il ne faut surtout pas les vivre comme une contrainte, mais bien plutôt comme une aide. En effet, cette gestuelle permet au corps d’avoir une attitude juste et recueillie. Ainsi, c’est la personne totale (corps, âme et esprit) qui participe en vérité à l’œuvre liturgique.

 

Le Baiser de paix : comme toute grâce, la paix du Christ vient de Dieu. Le prêtre, de l’autel, le transmet aux fidèles. Le baiser de paix est un acte liturgique. Il se transmet de fidèle à fidèle, en partant du sanctuaire. Celui qui le reçoit le transmet une seule fois. Ainsi, le baiser donné est unique. Il se transmet avec la formule suivante : « paix à toi et à l’Eglise ». Celui qui reçoit le baiser répond : « et à ton esprit». Ainsi, en partant du prêtre, le baiser de paix s’étend à l’ensemble des fidèles comme une vague. Rien ne doit l’arrêter ni le perturber.

Hormis les paroles rituelles prononcées, ce temps de partage ne doit pas être une occasion de bavardage. Le silence demeure le véhicule de ce baiser.

 

La procession des Saints Dons : le pain et le vin qui vont être consacrés ont déjà été mis à part, avant le début de la liturgie, par des prières spéciales dites par le diacre. Ils ne sont plus des éléments terrestres ordinaires. Lors de la procession, ces Dons représentent le Christ qui entre triomphalement dans son Eglise. Le fidèle est donc invité à se lever et à s’incliner pour montrer son respect et sa foi. De même, après la communion, le prêtre bénit les fidèles avec le calice contenant encore la présence réelle du Christ. Puis, le diacre rapporte le calice sur la table de prothèse. Là encore, les fidèles sont conviés à se lever et à s’incliner pour recevoir cette bénédiction.

 

Le silence du cœur : le Royaume des cieux n’est pas au-delà de la création mais au cœur même de la créature. Dieu aime faire ses délices dans notre cœur. Mais il attend qu’on l’y accueille avec amour et qu’on y fasse silence pour écouter ce qu’il veut nous dire. La parole divine est un murmure intérieur qui a besoin de silence pour être entendu. L’Ecclésiaste le proclame : ‘Il y a un moment pour tout et un temps pour toute activité sous le ciel’ (ch 3, 1). Aussi, le silence doit faire partie de toute action liturgique. Il n’est pas un luxe réservé à certains.

 

Savoir se taire pour écouter l’Autre ; pour entrer dans le Royaume et pour fermer son cœur aux bruits de ce monde. Le rythme liturgique utilise la parole, le chant et le silence : ces trois éléments sont nécessaires pour créer une belle harmonie. Toute la Bible est pétrie de cette harmonie. Les psaumes eux-mêmes sont composés selon cette trame.

 

Pendant la liturgie, le silence doit être vécu comme un temps de grâce. Soyons donc attentifs à nous déconnecter du monde pour entrer dans le Royaume. Nos bavardages ne sont ni vraiment utiles ni urgents et peuvent attendre les agapes. Laissons à Dieu ce temps qu’il nous offre pour en retirer tous les fruits nécessaires à notre vie spirituelle. C’est aussi une ascèse que de savoir faire silence. ‘Ecoute Israël’, lit-on dans le Deutéronome ; ‘Ciel, écoute! Terre, prête l'oreille! En effet, l'Eternel parle’, nous dit Isaïe. A nous de savoir entrer dans le silence vivifiant de l’écoute.

 

En conclusion : terminons en rappelant que toute liturgie unit 3 composantes essentielles : le clergé, le chœur et les fidèles. Cette triade humaine forme une harmonie quand chacune des trois composantes joue sa partition selon un tempo bien défini. Comme dans un orchestre, où il y a des solos, des réponses alternées et des ‘tutti’, il y a un temps où l’on chante, un temps où l’on écoute, un temps où l’on prie.

Selon l’explication de saint Paul, le peuple de Dieu en Eglise forme un seul corps composé de plusieurs membres. Et chacun de ces membres a un rôle différent, mais jamais en dehors du corps. Tous sont utiles pour l’harmonie de l’ensemble, mais tous n’ont pas la même fonction. Tous sont au service de Dieu pour le bien des frères, dans ce grand corps mystique qui s’appelle l’Eglise. A nous d’en prendre conscience.

Rédigé par père Stéphane

Publié dans #Pratique de l'Orthodoxie

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