Jour de fête à Jacou (suite)

Publié le 19 Mars 2009

Après quelques paroles d'accueil adressées par le Père Jean-Henri, qui a notamment rappelé que tous les baptisés sont invités à participer à la communion, le clergé est allé à la rencontre de l'évêque pour commencer la cérémonie. Cette procession d'entrée est accompagnée d'un chant à la Vierge Marie et se termine par la bénédiction épiscopale. Mgr Grégoire, après s'être installé sur son siège a entonné les premières notes du "Roi Céleste", chant d'invocation à l'Esprit Saint qui commence toute cérémonie religieuse. Je suis allé rejoindre le chœur pour chanter les Laudes, cet office matinal qui prépare à la célébration de la liturgie. Les fidèles habitués à nos mélodies joyeuses ont été quelque peu déroutés par les accents plus tristes dus au temps du Carême. Puis, à la fin des Laudes, le clergé a rejoint l'évêque pour la petite procession d'entrée qui débute la célébration de la liturgie et qui permet aux prêtres et aux diacres d'entrer dans le sanctuaire.

 

La première partie, composée des lectures de l'Ancien Testament, de l'épître et de la proclamation solennelle de l'Evangile, fut clôturée par l'homélie de Mgr Grégoire portant bien entendu sur les ordinations, mais aussi sur le texte évangélique relatant la tentation de Jésus dans le désert. Il a développé les 3 degrés de la tentation et en a proposé une application actuelle pour le chrétien qui s'engage à vivre le Carême. Le diacre René a ensuite chanté la litanie diaconale.

 

Puis, les diacres et le sous-diacre sont allés au fond de l'église pour chercher les Saints Dons et préparer la Grande Entrée. C'est là que commençait, pour moi, le chemin vers l'ordination. Dévêtu de ma dalmatique, j'ai posé un grand voile (la Palla Sirica) au-dessus de ma tête en le tenant des deux côtés. Ce voile sert à recouvrir les Saints Dons jusqu'à la prière consécratoire. Ainsi paré, j'ai pris la dernière place dans la procession qui s'avançait vers l'autel pendant que le chœur chantait le Sonus "que toute chair humaine fasse silence…". Près des portes royales, Mgr Grégoire a reçu les Saints Dons et les a placés sur l'autel, pendant que le diacre et le sous-diacre reprenaient leur place respective. Quant à moi, je restais debout devant le sanctuaire, tenant toujours mon voile au-dessus de ma tête. Cette position inhabituelle a intrigué bien des personnes présentes. Cela m'a rappelé la liturgie de mon mariage où l'on place aussi un voile au-dessus des mariés.

 

Enfin, après les prières préparatoires et le lavement des mains, Père Jean-Henri et Père Daniel, mes parrains, sont venus me chercher et m'ont présenté au clergé, aux fidèles et à l'évêque, en demandant à chaque fois de m'ordonner à la prêtrise. M'ayant ôté le voile, ils m'ont pris par le bras et m'ont conduit devant l'évêque qui, assis sur un tabouret devant l'autel, m'a béni. Alors, toujours soutenu par mes deux parrains et accompagné par les chants du chœur "Isaïe, réjouis-toi, la Vierge a enfanté…", j'ai commencé ma triple rotation autour de l'autel en baisant les quatre coins de l'autel lors de chaque giration. A la fin de chaque tour, je venais m'agenouiller devant l'évêque pour recevoir sa bénédiction. Après avoir terminé cette triple giration, je vins me placer à genoux devant l'autel, les mains et la tête reposant sur son bord. Alors, en m'imposant les mains, l'évêque a prononcé les prières consécratoires qui faisaient de moi un prêtre. Après la chirotonie, mes parrains m'ont aidé à me relever. Puis, l'évêque m'a oint les deux mains avec l'Huile des Catéchumènes, les a jointes et m'a tourné face aux fidèles. Très ému, les yeux embués de larmes, j'ai alors vécu ma vêture sacerdotale comme un passage vers une vie nouvelle. Mgr Grégoire a d'abord ôté mon étole diaconale, puis, au chant de l'Axios (il est digne, en grec), il m'a paré de l'étole sacerdotale, de la chasuble et de la croix pectorale. Enfin, après m'avoir présenté aux fidèles comme nouveau prêtre de l'Eglise, Mgr Grégoire m'a donné le baiser de paix et l'accolade fraternelle. Et à sa suite, les membres du clergé m'ont aussi adressé leurs chaleureuses félicitations. Ma fille n'a pas pu résister plus longtemps pour venir m'embrasser. Je voyais aussi une certaine émotion transparaître sur certains visages dans l'assemblée. Quelque peu apaisé et rayonnant d'une joie lumineuse, j'ai pris place à la droite de l'évêque, devant l'autel, pour ma première concélébration. (à suivre)

Père Stéphane

Rédigé par père Stéphane

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