Jour de fête à Jacou (fin)
Publié le 29 Mars 2009
Encore tout chamboulé par mon ordination, j'essayais de suivre le déroulement de la liturgie et de me familiariser avec mes
nouvelles fonctions liturgiques. Prononcer les paroles sacramentelles de l'institution eucharistique avec les autres prêtres fut pour moi une grande révélation de cette relation particulière du
prêtre avec le Pain et le Vin qui deviennent Corps et Sang du Christ. Tout cette partie de la messe, appelée Anaphore, me remplit de joie et de bonheur. Repensant aux paroles de saint Jean de St
Denis, j'avais la certitude d'être enfin à ma juste place au sein de l'Eglise, pour le service des frères, selon la vocation ressentie dès ma plus tendre enfance. J'eu aussi une pensée
affectueuse pour ma défunte mère qui aurait aimé vivre un tel bonheur auprès de moi. Mais je sais que sa protection mystérieuse m'a permis de tenir bon dans les épreuves et m'a guidé durant ces
longues années de préparation. Enfin, par un "hasard" providentiel qui est la manisfestation du plan de Dieu, c'est le Père Jean-Henri qui m'a conduit à l'autel, lui qui m'a reçu dans la foi
orthodoxe 22 ans auparavant. Ainsi, notre longue marche vers le Royaume connait parfois des étapes lumineuses qui nous permettent d'avancer en confiance avec la certitude que Dieu nous
précède, nous accompagne et manifeste sa présence avec des signes qu'il faut savoir discerner.
Après l'épiclèse qui transforme le Pain et le Vin en Corps et Sang du Christ, vint le moment de l'ordination diaconale de Gilles. Ce jeune clerc construit
une chapelle dans l'Allier et rassemble déjà quelques fidèles attirés par la vie orthodoxe. Il est le fils du Père Jean-Henri. J'imagine la joie parternelle de ce prêtre en voyant son fils suivre
ses pas à la suite du Christ. Que son ministère soit béni et fécond!
Quand le nouveau diacre appela les fidèles à venir communier, ses paroles furent entendues de tous. La longue file des âmes affamées sembla ne jamais
devoir se terminer. Heureusement que nous avions prévu de consacrer une grande quantité de pain, car il n'en resta que quelques petits morceaux. Placé derrière Mgr Grégoire, j'étais ému et touché
par la grâce répandue dans tous les coeurs qui rassemblait cette communauté en une communion vivante et priante. Le choeur dut reprendre plusieurs fois le chant de communion afin d'accompagner
cette longue suite de pélerins en marche vers le Royaume.
Après l'ité missa est, j'eu l'honneur de distribuer le pain bénit et de donner ma bénédiction aux amis présents. J'avais prévu des petits signets
commémoratifs que ma fille Raffaella distribuait en adressant une parole amicale à chacun. Puis, vint le temps des félicitations, des photos de groupe et des embrassades. Je fus pris dans un
tourbillon de joie qui m'emporta de proche en proche.
Pendant ce temps, les invités s'étaient dirigé vers la table du vin d'honneur pour trinquer et se rassasier, car
l'heure du repas avait sonné depuis longtemps. Les différents amuse-gueule préparés eurent un grand succès ainsi que le punch apporté par le diacre Gilles. Puis, les tables furent dressées pour
les agapes. Nous étions une cinquantaine de personnes à déguster les bons plats préparés par les fidèles de la paroisse.
Que le Seigneur bénisse notre paroisse et me comble de grâces pour accomplir un ministère fécond.
Père Stéphane
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