Partir en pélerinage ?
Publié le 19 Septembre 2011
A l'heure où nombre de chrétiens cheminent vers Lourdes, Compostelle ou Medjugorie, il est bon de se poser la question de l'opportunité d'aller rencontrer Dieu en des lieux inconnus. Est-ce utile pour notre foi et notre croissance spirituelle ? Est-ce simplement une vogue qui permet de voyager et de satisfaire une curiosité bien naturelle ? Ne pouvons-nous pas trouver la réponse à nos questions chez nous, dans notre quotidien ? La quête extérieure est-elle la seule solution pour grandir dans la foi et remettre en cause nos certitudes ? Autant de questions qui ne trouveront des réponses que si notre esprit est capable d'accueillir et de recevoir.
En effet, que vont chercher les croyants dans ces grands centres de pèlerinage ? Qu'est-ce qui motive autant de personnes à cheminer chaque année jusqu'à Compostelle ? En apparence, pour les non croyants, ces manifestations relèvent plus du folklore que d'une véritable démarche de foi. Marcher dans la campagne vers un hypothétique but est bénéfique pour la santé et permet de faire des rencontres intéressantes. En ces temps de grande solitude, cette perspective est déjà une bonne motivation. Mais, sérieusement, peut-on affirmer que ces personnes en chemin ne vivent pas une transformation intérieure ? Même si la foi n'est pas le centre de leurs préoccupations, il se passe toujours quelque chose sur ces sentiers cahoteux. Et la rencontre amicale peut déboucher parfois sur la rencontre de l'Ami Jésus qui, sans qu'on l'aperçoive, marche à nos côtés sur le chemin de notre vie. Alors, si partir c'est mourir un peu à soi-même, oui, vraiment, il est bon de quitter notre routine et d'aller vers l'inconnu, vers cet Inconnu qui transformera notre existence et lui donnera pleine vie.
Et que dire de Lourdes, où depuis le milieu du 19ème siècle, convergent des millions de personnes en quête d'une rencontre, d'un bien-être, d'une délivrance ou d'un retour à la santé spirituelle. Qui a déjà effectué ce pèlerinage avec sincérité n'est jamais revenu sans une grâce, même bénigne, sans ce goût délicieux qui persiste au plus profond de soi et pousse à revenir à cette source désaltérante. Car, soyons clairs, Marie n'a jamais promis de grandes choses à Bernadette ! Sa seule promesse, et c'est ce qui nous intéresse aussi, fut de lui assurer qu'elle serait heureuse dans l'autre monde, c'est à dire dans son éternité. N'est-ce pas la grande question qui nous préoccupe ? Bien heureusement, Jésus s'offre déjà à nous en cette vie où il est même possible de connaître un certain bonheur. Mais, ce n'est qu'au-delà de la mort qu'il nous sera possible d'être véritablement dans la présence de Dieu et d'entrer pleinement dans cette éternité de vie que nous recherchons dès ici-bas.
Oui, partir, se mettre en route, oublier le quotidien pour vivre l'instant présent avec ce Dieu qui nous appelle, est souvent une action difficile à réaliser. Pourtant ce voyage spirituel, s'il est vécu avec régularité et dans la fidélité, deviendra vite une source de grâces fécondes.
Surtout, ne soyons pas dupes. Une vie d'homme est un long chemin de pèlerinage qui ne cesse qu'au dernier souffle. Dès maintenant, Dieu nous donne des signes et des grâces, notamment en ces lieux bénis où la Vierge Marie est apparue. A nous de les voir et surtout de les recevoir. Alors, sur la route du Royaume, comme les pèlerins d'Emmaüs, nous rencontrerons Jésus marchant à nos côtés pour nous guider et nous ouvrir l'esprit.
+ Père Stéphane
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