Lectio Divina : voie royale

Publié le 30 Août 2012

 

Ami lecteur, connais-tu ce que la tradition occidentale nomme Lectio Divina ? On pourrait traduire ces mots par Lecture Priante de la Bible. Il s'agit d'une méthode ancestrale d'investigation de la Parole de Dieu qui a fait ses preuves.

 

Pour nous Chrétiens, la Parole de Dieu, telle qu’elle nous est transmise dans la Bible, est une véritable nourriture. Le prophète Ezéchiel (3,1-3) illustre parfaitement ce thème de la nourriture : "L'Ange du Seigneur m’a dit : "Fils de l'homme, mange ce qui est devant toi! Mange ce livre et va parler à la communauté d'Israël!". J'ai ouvert ma bouche et il m'a donné ce livre à manger. Il m'a dit : "Fils de l'homme, nourris ton ventre et remplis tes intestins avec ce livre, celui que je te donne!". Alors je l'ai avalé, et dans ma bouche il a été doux comme du miel."

 

Ami, as-tu faim quand tu lis la Parole de Dieu ? Le manque d’appétit est ici signe de maladie spirituelle. Sache bien que lire la Parole n’est pas une activité pour ceux qui ont du temps ni pour ceux qui cherchent à s’occuper. Tu es invité à te mettre à table.

 

Le prophète Amos (8,11) déclare : "Les jours viennent, déclare le Seigneur, l'Eternel, où j'enverrai la famine dans le pays, non pas la faim du pain et la soif de l'eau, mais la faim et la soif d'entendre les paroles de l'Eternel."

 

S’il est bon de manger la Parole, je dois également la ruminer pour retenir un mot (ou une phrase) dans mon cœur et de le répéter sans cesse. Manger la Parole suppose aussi un temps de digestion, c’est à dire une transformation intérieure. Se nourrir de la Parole permet de se laisser transformer. Il ne s’agit pas d’une lecture des yeux, superficielle mais d’un travail d’intériorisation.

Lire est un vrai travail qui n’a rien de passif. C’est une action qui ressemble à un travail agricole. Il me faut creuser et c’est toute la métaphore du puits et de la profondeur. Il me faut aussi gravir des cimes et c’est toute l’image de l’échelle (les étapes vers la Vérité).

 

Ce travail suppose que je sois ouvert quand je lis la Bible. En effet, nul ne mange la bouche fermée. Faire sa lectio divina, c’est se tenir seul avec l’Esprit Saint devant le Livre ouvert.

 

Parce qu’elle est lecture priante, la lectio divina comprend plusieurs niveaux de lecture :

- une Lecture simple du texte, un peu comme si l’on écoutait le doux chant d’un oiseau. Il s’agit de parcourir le jardin des Ecritures. C’est aussi l’occasion d’écrire une phrase ou un mot qui pourra enrichir ma journée.

- la Méditation, moment d’interprétation et de réflexion éclairé par l’Esprit Saint. Cette lecture est interactive. On peut s’appuyer sur les notes en bas de page et sur d’autres passages de l’Ecriture. Cette méditation me rapproche de Marie qui conservait toute Parole dans son cœur.

- l’Oraison qui transforme ma lecture en prière. Elle est motivée par le désir d’aller plus loin, de reconnaître ma filiation avec Dieu, le Père. Il y a ici l’exercice d’une volonté : vouloir prier sans cesse et dire « Dieu, viens à mon aide, Seigneur, à mon secours ».

- enfin la Contemplation qui ne dépend pas de soi. La Contemplation est une véritable visitation de l’Esprit. Elle nous fait goûter le repos en Dieu ; elle est à la fois douceur et plénitude.

 

Ainsi, lorsque j’ouvre ma Bible pour une lectio divina, je ne peux m’empêcher de m’écrier comme Jacob, en le paraphrasant : « C'est certain, le Seigneur Dieu est dans ces Ecritures et moi, je ne le savais pas!» (Gen 28,16).

 

Ami lecteur, puisse l’Esprit de Dieu te guider vers ces pâturages abondants !

 

+ Père Stéphane

 

 

Rédigé par père Stéphane

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article