Lourdes, un lieu d'appel et de ressourcement
Publié le 28 Septembre 2012
Quelle fraîcheur spirituelle pour l’âme qui se recueille devant la Grotte des apparitions ! Malgré la foule qui se presse pour toucher du doigt et du cœur ce lieu béni, le silence, qui se répand comme une effluve embaumée, rend plus solennelle encore la prière adressée par les fidèles venus de tous les pays. Les langues se mêlent en une harmonieuse litanie offerte à Celle qui ne cesse de donner au monde le Fils de Dieu. Ce rocher, connu du monde entier et tant de fois copié, constitue, dans sa simplicité d’origine, un puissant catalyseur de la foi pour l’âme humaine en quête d’un absolu. Ici, tout n’est que grâce et paix. Les esprits chagrins qui focalisent l’attention sur l’aspect commercial de Lourdes n’ont rien compris au mystère qui se vit dans l’enceinte du sanctuaire. Car Lourdes est multiple : ville sainte et ville marchande. Ce carrefour des nations, qui reçoit plus de 6 millions de visiteurs chaque année, se doit d’offrir des prestations propices à l’accueil et à l’activité spirituelle. Car, ne l’oublions pas, Lourdes est avant tout un centre de vie spirituelle et un vivier de vocations religieuses mais aussi humanitaires. Preuve en est de tous ces jeunes bénévoles qui, chaque année, offrent du temps pour s’occuper des malades. Les liens qui se tissent réchauffent les cœurs blessés et réconfortent les corps meurtris.
Fort de cet engouement personnel et inconditionnel, c’est avec un grand plaisir que j’ai accompagné un groupe de fidèles de notre paroisse qui souhait depuis longtemps aller prier à Lourdes. Ce voyage fut bref, mais riche en souvenirs. Nous sommes partis le samedi 22 septembre au matin, dans la grisaille. Mais au fur et à mesure de notre arrivée vers les Hautes Pyrénées, le ciel s’est ouvert pour libérer sa couleur azurée. A Lourdes, le soleil nous a témoigné son amitié. Nous avons logé chez les Sœurs de la Mission Catholique Polonaise qui possèdent une maison d’accueil dans les hauteurs de la ville, en surplomb de la grotte. Un havre de paix où il fait bon se reposer. Notre arrivée était prévue pour le déjeuner. Aussi, après une installation rapide dans les chambres, nous nous sommes tous retrouvés au réfectoire pour prendre des forces avant notre descente en ville. L’avantage de ce centre est de posséder une navette qui permet d’aller au sanctuaire sans avoir besoin de prendre la voiture. Embarquée dans ce fourgon piloté par un jeune Polonais, notre équipe de 9 pèlerins a vite dévalé la pente pour arriver à l’entrée du sanctuaire.
Première étape : la grotte. Nous voici donc dans la file d’attente qui régule l’accès au saint des saints. Le rocher, poli par des millions de mains dévotes, entraîne l’âme dans un recueillement intérieur avant qu’apparaisse la statue de Notre Dame de Lourdes. En marchant vers Marie, comment ne pas penser à Bernadette qui est venue s’agenouiller 18 fois sur la roche froide et humide. Au fond de la grotte, la source miraculeuse continue de couler et nous rappelle l’importance de l’eau en ce lieu. La prière silencieuse emplit l’espace en un murmure de supplication mêlant joie et contrition. L’instant solennel pour le pèlerin est d’embrasser le rocher sous la statue de la Vierge Marie, dans un dernier geste d’adoration, avant de poursuivre le chemin pour laisser la place aux suivants. Ce ballet silencieux, orchestré avec brio par les hospitaliers de Lourdes, se répète inlassablement tout au long de la journée. Non loin de là, le Gave s’écoule avec un prodigieux silence.
Deuxième étape : la visite des églises. Tout d’abord, la plus belle : la basilique du Rosaire. Avec ses mosaïques colorées et sa coupole ornée, elle offre aux fidèles une imagerie religieuse très catéchétique. La crypte, située sous l’église supérieure, est un lieu de prière et d’adoration eucharistique. Elle contient une relique de sainte Bernadette et des ex-voto pour les grâces reçues. Enfin, perchée sur le rocher, l’église supérieure est remplie d’ex-voto en tout genre qui témoignent de tous les miracles vécus en ce lieu depuis 150 ans.
De l’autre côté du Gave, une vaste prairie permet d’accueillir de grands rassemblements. Des tentes sont dressées et une église moderne a même été construite pour les grandes cérémonies. Des bancs permettent de prier face à la grotte, seulement séparée par le Gave limpide et fougueux.
Troisième étape : découverte du sanctuaire et petits achats dans les boutiques situées en-dehors.
La journée s’est terminée par la procession aux flambeaux qui a lieu de 21h à 22h. La foule suit la statue pèlerine de Notre Dame de Lourdes, toute illuminée, en chantant l’Ave Maria, le cierge levé vers le ciel. Cette marée lumineuse se déploie dans le sanctuaire, bercée par les prières et les chants en toutes les langues. C’est très beau, très harmonieux et très priant.
La journée du dimanche fut sous un ciel gris, mais heureusement sans pluie. Nous sommes retournés à la grotte pour prier et pour déposer des cierges qui prolongent notre prière. Puis, nous avons rempli nos bidons d’eau miraculeuse, pour emporter cette manne ininterrompue dans nos maisons. Cette matinée libre a permis à chacun de vivre ce mini-pèlerinage à sa façon et à son rythme. Le déjeuner fut partagé dans un restaurant italien, avant de reprendre la route du retour. Marie nous accompagne dans notre cœur et nous protège. Je lui dis au revoir et à très bientôt car, déjà, Lourdes me manque.
+ Père Stéphane
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