Choisir d’unir sa vie au Christ est un engagement important dans la vie. Cela suppose une conversion vraie, une pensée juste et un comportement approprié. Cela implique aussi d’entrer dans l’Eglise de Jésus-Christ. La foi s’expérimente et se fortifie à plusieurs. Mais cette entrée est obligatoirement conditionnée par le choix d’une tradition. Car, si l’Eglise est Une, elle est aussi multiple. L’ensemble des Eglises locales constitue l’Eglise Une de Jésus-Christ. Il ne faut jamais oublier que l’Eglise est composée d’hommes et de femmes différents ayant chacun une sensibilité propre. Mais cette diversité ne doit pas être opposée à l’unité voulue par le Christ. Car, en Christ seul, nous sommes tous un.
Notre Eglise est de tradition orthodoxe occidentale. Le fidèle qui s’engage dans cette voie ne choisit pas un chemin facile, surtout dans le contexte actuel de l’Orthodoxie en Occident. Cependant, il a choisi de communier à la source vivifiante qui a nourri ses ancêtres spirituels et qui continue à nourrir notre foi encore aujourd’hui.
Ceci dit, être un chrétien orthodoxe suppose de vivre sa foi d’une manière spécifique. Notre vie nouvelle est liturgique. Cela signifie que le geste doit toujours accompagner la parole et la pensée (pensons à la structure triadique de l’homme). Selon l'étymologie, la liturgie est l'œuvre du peuple (du grec laos, «peuple» et ergon, «travail»). C’est donc une action commune du peuple de Dieu. Chacun doit intervenir selon sa fonction et selon ses charismes. Mais cette action liturgique n’est pas seulement réservée aux offices célébrés à l’église. Toute la vie du chrétien orthodoxe doit être liturgique. Geste, parole et pensée sont liés et doivent agir de concert, dans un juste équilibre, pour enrichir notre vie spirituelle, mais aussi pour témoigner de notre foi.
Par exemple, quand nous faisons le signe de la Croix, nous devons agir dans une triple dimension :
- en pensée : je m’unie à Dieu, Un en 3 Personnes ;
- en parole : je prononce les mots appropriés ;
- en geste : je trace sur moi le signe de la Croix.
De même, quand le Prêtre fait le signe de la Croix sur les fidèles, sa pensée est tournée vers Dieu, ses paroles sont précises et son geste est harmonieux.
Ainsi, l’attitude liturgique n’est pas une option qui varie au gré de l’humeur. Elle doit être la colonne vertébrale de notre vie spirituelle. Même l’ermite isolé dans sa grotte vie sa foi orthodoxe liturgiquement. Car, dans l’absolu, il n’est jamais seul : les anges l’assistent, notre Dieu Trinité se rend présent à son cœur et les saints eux-mêmes savent être proche à leur manière.
Alors, s’il en est ainsi dans la vie personnelle, combien plus cette attitude liturgique doit être une gestuelle vivante lors des rassemblements à l’église.
Voici quelques rappels des attitudes conformes à la tradition dont nous faisons partie.
Recevoir la bénédiction du prêtre : notre Dieu est un dispensateur de grâces. Par l’Eglise et le ministère ordonné du sacerdoce, notre Père céleste se distribue en abondance, dans les sacrements et dans la bénédiction du prêtre. Aussi, ne nous privons pas de cette manne céleste qui est une rosée bienfaisante pour notre âme :
- quand nous rencontrons un prêtre, l’usage est de demander sa bénédiction en parole et en acte (présenter les mains jointes en réceptacle).
- au cours de la liturgie, il est recommandé d’accueillir la bénédiction du prêtre en s’inclinant légèrement. Il n’est pas nécessaire de se signer soi-même.
Saluer Dieu en premier : toute chapelle, église ou oratoire, est un lieu consacré à Dieu pour la prière et la célébration des sacrements. Le Maître de ces lieux est donc le Seigneur lui-même, représenté par son icône, et entouré de sa Sainte Mère, des saints et des anges. Dès notre entrée, il est donc important d’honorer en priorité ces Hôtes divins en venant s’incliner devant leurs icônes, avant d’embrasser les frères et sœurs présents. Rendons d’abord à Dieu notre hommage.
On vient s’incliner devant l’icône (on peut l’embrasser ou la toucher), on se signe et on prononce une parole de vénération. L’ordre naturel est de s’incliner d’abord devant le Christ et ensuite devant sa Sainte Mère.
L’importance de l’Amen : certains mots ont un rôle essentiel dans la vie liturgique. D’autres sont indispensables pour l’accomplissement des rites. C’est le cas du mot ‘Amen’ qui signifie ‘en vérité’ et qui implique une adhésion totale de foi avec ce qui a été dit ou fait. Répondre Amen n’est donc pas anodin. Cette parole implique celui qui la prononce. Elle est signe de cohésion et d’union entre les chrétiens réunis en Eglise au Nom du Seigneur Jésus-Christ.
Deux moments importants de la liturgie requièrent l’emploi de l’Amen :
- lors de la consécration des Saints Dons, après l’Epiclèse, quand les fidèles répondent au prêtre en ponctuant ses phrases par un Amen sonore et surtout en affirmant leur adhésion à l’acte sacramentel par le triple Amen final. Sans réponse des fidèles, l’acte liturgique ne peut être poursuivi.
- au moment de recevoir la communion, le fidèle doit répondre au prêtre en disant un Amen bien sonore. Il témoigne ainsi de sa foi en la présence réelle de Dieu dans le pain et le vin consacrés.
A suivre...
+ Père Stéphane
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