Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 14:01

 

Le but essentiel de la méditation chrétienne est de permettre à la présence mystérieuse de Dieu en nous de devenir non seulement une réalité, mais la réalité qui donne sens, forme et direction à tout ce que nous faisons, tout ce que nous sommes… Il importe simplement de prendre conscience du Mystère qui nous habite, du silence qui nous permet de voir notre propre esprit. (John Main, osb)

 

La méditation n’est pas une nouveauté dans la vie chrétienne ; elle a de profondes racines dans la tradition. Or, de nombreux chrétiens ont perdu le lien avec cette tradition ancestrale de prière. Méditer, c’est demeurer dans l’immobilité de l’esprit et du corps. Ce qui est vraiment extraordinaire, c’est que ce silence, en dépit de toutes les distractions du monde moderne, est parfaitement possible pour chacun et chacune d’entre nous. Cet état de silence et d’immobilité demande pour l’atteindre que nous lui consacrions du temps, de l’énergie et de l’amour. Pour entreprendre ce pèlerinage, il existe un moyen qui consiste à réciter une courte phrase ou un mot, que l’on appelle couramment de nos jours un mantra. Le mantra n’est qu’un moyen de porter notre attention au-delà de nous-mêmes, une méthode pour nous détacher de nos pensées et préoccupations. Le vrai travail de la méditation est celui qui nous fait parvenir à l’harmonie du corps, du mental et de l’esprit. Tel est le but que nous assigne le psalmiste : «Arrête et sache que je suis Dieu.»

 

Saint Paul a écrit (Rom 8, 26) : « Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’esprit intercède pour nous. » Ce qui signifie, en langage de notre temps, que, pour être en état de prier, nous devons d’abord apprendre à être immobile, à être attentif. Alors seulement, nous entrerons avec amour dans la connaissance de l’Esprit de Jésus au plus profond de notre cœur. La méditation, que l’on appelle aussi prière contemplative, est la prière du silence, lieu où le contact direct avec le Christ peut se réaliser, une fois que l’activité incessante du mental s’est arrêtée. Dans la méditation, nous dépassons les mots, les pensées et les images pour être en présence de Dieu à l’intérieur de nous. D’après saint Jean de la Croix, « Dieu est le centre de mon âme ». Et pour Julienne de Norwich, « Dieu est le point immobile au centre de moi-même ». La méditation est ce pèlerinage quotidien vers notre centre.

 

Le mental a été comparé à un arbre majestueux rempli de singes turbulents qui sautent d’une branche à l’autre et ne cessent de piailler et de s’agiter. Dès que nous commençons à méditer, nous constatons à quel point cette image décrit bien l’agitation permanente dont notre mental est le siège. La prière ne consiste pas à augmenter cette confusion en essayant de la couvrir par un autre bavardage. La méditation a pour but d’amener notre mental distrait à l’immobilité, au silence et à l’attention. Afin de nous aider dans cette tâche, nous avons recours à un mot sacré.

 

C’est à la fin du IVe siècle que saint Jean Cassien, qui eut plus tard une grande influence sur saint Benoît, introduisit l’usage d’un verset de prière dans le monachisme occidental. Ayant lui-même reçu cette pratique des saints moines du désert, Cassien la faisait remonter à l’époque de Jésus et des apôtres. Il recommandait à toute personne désireuse d’apprendre à prier de prendre un unique et court verset, et de le répéter sans discontinuer. Dans sa Dixième Conférence sur la prière, il conseille vivement d’utiliser cette méthode de répétition simple et constante pour chasser les distractions et le bavardage stérile du mental, afin de pouvoir demeurer immobile en Dieu. L’enseignement de Cassien sur la prière s’appuie sur les paroles de Jésus dans les évangiles : « Quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites… mais entrez dans votre chambre la plus retirée et adressez votre prière à votre Père qui est là dans le secret… Ne rabâchez pas comme les païens ; ils s’imaginent que c’est à force de paroles qu’ils se feront exaucer. Ne leur ressemblez pas, car votre Père sait ce dont vous avez besoin avant que vous le lui demandiez » (Mt 6,5-8).

 

Le méditant qui débute a le choix entre plusieurs mots sacrés, mais il est préférable d’avoir recours à un mot béni au cours des siècles par notre tradition chrétienne. Certains d’entre eux ont été adoptés comme tels dès les premiers temps de l’Église. L’un de ceux-ci est Maranatha. Ce mot araméen signifie «Viens Seigneur, viens Seigneur Jésus.» C’est le mot recommandé par John Main (1926-1982), un moine bénédictin qui a transcrit en langage moderne cet enseignement ancestral sur la prière. C’est avec ce mot que saint Paul conclut sa première lettre aux Corinthiens (1 Co 16,22), et saint Jean son Apocalypse (Ap22,20). Il figure aussi dans certaines liturgies primitives. Ce mot a été choisi parce qu’il n’a pas de connotation visuelle ou émotionnelle. Sa répétition continue nous conduit, avec le temps, à un silence de plus en plus profond. La répétition du mot sacré est une pratique christocentrique, ce qui signifie qu’elle est centrée sur la prière du Christ qui jaillit en permanence des profondeurs de chaque être humain. Ainsi, sur cette voie de «prière pure», nous abandonnons toute pensée, tout mot et toute image. Sur cette voie, nous renonçons à notre moi égotiste pour mourir et renaître à notre vrai moi en Christ.

 

La méditation est ainsi un voyage intérieur de silence, d’immobilité et de simplicité. Elle apporte la dimension contemplative qui manque si souvent à la vie chrétienne d’aujourd’hui. La méditation est un pèlerinage vers notre centre, notre cœur. Entrer dans la simplicité de cette pratique exige de la discipline et même du courage. Nous avons besoin de foi et de simplicité ; il nous faut devenir comme des enfants. À condition d’être fidèles et patients, la méditation nous entraînera vers des espaces de silence de plus en plus profonds. C’est au sein de ce silence que nous sommes conduits dans le mystère du silence éternel de Dieu. La prière chrétienne nous invite à nous perdre pour être absorbé en Dieu. Chacun d’entre nous est appelé aux sommets de la prière chrétienne et à la plénitude de vie. Mais nous avons besoin d’humilité pour avancer fidèlement sur la voie au fil des années, afin que la prière du Christ puisse vraiment devenir l’expérience fondamentale de nos vies.

 

Par père Stéphane
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 14:59

 

Pour vous, qui suis-je ? demanda Jésus à ses disciples du coté de Césarée de Philippe.

 

En ce temps de l’Avent, nous avons pensé qu’il pouvait être profitable de se poser la même question de manière personnelle. Mais avant d’y répondre, il est bon de prendre du temps pour une lectio divina silencieuse en puisant à la source évangélique. Ce cheminement intérieur nous permettra de bien vivre le mystère de Noël. Et comme il n’est pas toujours aisé de marcher seul, quoi de plus enrichissant pour notre foi que de partager cette expérience entre frères. Voilà pourquoi, une fois encore, nos trois paroisses du Sud, sœurs dans leur expression orthodoxe occidentale, se retrouveront avec joie dans le cadre enchanteur du Centre Célestine pour vivre ensemble cette Parole de Vie et pour célébrer la Divine Liturgie du 4ème dimanche de l’Avent. Ce week-end spirituel à Ventenac aura lieu les 3 et 4 décembre 2011. Cette rencontre sera prochainement relatée sur ce blog avec le fruit de nos réflexions.

 

En attendant, je vous invite à vous placer devant Jésus, dans un silence d’oraison, et de laisser jaillir en vous la réponse que vous inspirera l’Esprit Saint. Pendant l’Avent, veillons et offrons du temps à Dieu pour méditer sur l’importance que nous donnons au Seigneur dans notre vie. Ne soyons pas des chrétiens sans vie intérieure. Rappelons-nous que la foi est un feu dévorant qui doit nous consumer jusqu’au plus profond de nos ténèbres. Ce n’est qu’à ce prix que pourra jaillir la lumière sans crépuscule. Sans cette ascèse nécessaire, le Christ n’est pas en mesure de prendre toute la place dans notre vie pour la transformer en éternité. En vérité, le Christ doit naître en tout homme pour le sauver et l’arracher à la mort. Alors seulement, Noël deviendra une réalité pour chacun, ici et maintenant.

 

Bon chemin d’Avent dans le souffle de l’Esprit !

 

+ Père Stéphane

Par père Stéphane
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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 08:58

 

Le mot orthodoxie est composé de deux termes grecs :

- "ortho": debout, droit, ligne verticale qui s’élève vers les hauteurs, jusqu’en la Divine Trinité, et descend vers le plus bas, jusqu’au néant;

- "doxie": gloire, pensée-louange, glorification contemplative où l’élément émotif est confondu avec l’élément cognitif, et cette pensée-glorification a comme un mouvement : debout, vertical, une flèche, de l’abîme jusqu’en très haut lieu, ou encore : plus haut, jusqu’à l’unité. Ni à droite, ni à gauche, ni dans le passé, ni dans le futur.

L’Orthodoxie, c’est le rayon traversant chaque chose, chaque événement, chaque date de l’Histoire, chaque pensée, chaque tradition.

 

Le monde actuel est trouble comme l’eau troublée. La matière est spiritualisée, elle est devenue plus fine qu’une toile d’araignée suspendue dans l’espace infini et incolore, et l’esprit se matérialise comme des gouttes de boue liquide. Quel rapport entre Orthodoxie et le monde actuel ? Aucun. Ou plutôt le même rapport qu’entre idée et fatigue, entre être et cruauté, entre debout et malade.

 

Aucun rapport dans leur nature, mais l’Orthodoxie traverse le monde actuel et le sauve. Comment ? Par sept actions :

 

- Elle aime ce monde actuel,

- Elle pardonne à ce monde actuel,

- Elle ne juge pas ce monde actuel,

- Elle accepte ce monde actuel,

- Elle prie pour ce monde actuel,

- Elle pleure avec ce monde actuel,

- Elle meurt dans ce monde actuel pour le ressusciter,

 

 

St Evêque Jean de Saint Denis

 

 

Par père Stéphane
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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 14:07

 

Des impératifs personnels obligent à modifier quelque peu le calendrier des ateliers bibliques.

L'atelier initialement prévu le vendredi 30 septembre est reporté au vendredi 7 octobre 2011.

 

De même, pour respecter un intervalle régulier entre chaque atelier, le suivant est également décalé et aura finalement lieu le vendredi 4 novembre 2011. Le reste du calendrier pour la fin de l'année ne change pas.

 

Espérons que ces petits changements inévitables ne seront pas un obstacle pour venir partager notre lecture biblique ! Lire et méditer la Parole de Dieu sont de profitables occupations dans la vie chrétienne et il est important de leur donner une vraie priorité, malgré nos emplois du temps surchargés. Partager entre frères cette Parole entendue permet de mieux comprendre la volonté de Dieu dans notre vie et de se laisser ensemencer au gré du Saint Esprit.

 

Ami chrétien qui fait une halte sur ce blog, accepte l'invitation qui t'est faite et n'hésite pas à venir te joindre à nous. Tu seras le bienvenu, en toute liberté, comme un frère parmi d'autres frères.

Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur !

 

+ Père Stéphane

Par père Stéphane
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 13:10

 

A l'heure où nombre de chrétiens cheminent vers Lourdes, Compostelle ou Medjugorie, il est bon de se poser la question de l'opportunité d'aller rencontrer Dieu en des lieux inconnus. Est-ce utile pour notre foi et notre croissance spirituelle ? Est-ce simplement une vogue qui permet de voyager et de satisfaire une curiosité bien naturelle ? Ne pouvons-nous pas trouver la réponse à nos questions chez nous, dans notre quotidien ? La quête extérieure est-elle la seule solution pour grandir dans la foi et remettre en cause nos certitudes ? Autant de questions qui ne trouveront des réponses que si notre esprit est capable d'accueillir et de recevoir.

 

En effet, que vont chercher les croyants dans ces grands centres de pèlerinage ? Qu'est-ce qui motive autant de personnes à cheminer chaque année jusqu'à Compostelle ? En apparence, pour les non croyants, ces manifestations relèvent plus du folklore que d'une véritable démarche de foi. Marcher dans la campagne vers un hypothétique but est bénéfique pour la santé et permet de faire des rencontres intéressantes. En ces temps de grande solitude, cette perspective est déjà une bonne motivation. Mais, sérieusement, peut-on affirmer que ces personnes en chemin ne vivent pas une transformation intérieure ? Même si la foi n'est pas le centre de leurs préoccupations, il se passe toujours quelque chose sur ces sentiers cahoteux. Et la rencontre amicale peut déboucher parfois sur la rencontre de l'Ami Jésus qui, sans qu'on l'aperçoive, marche à nos côtés sur le chemin de notre vie. Alors, si partir c'est mourir un peu à soi-même, oui, vraiment, il est bon de quitter notre routine et d'aller vers l'inconnu, vers cet Inconnu qui transformera notre existence et lui donnera pleine vie.

 

Et que dire de Lourdes, où depuis le milieu du 19ème siècle, convergent des millions de personnes en quête d'une rencontre, d'un bien-être, d'une délivrance ou d'un retour à la santé spirituelle. Qui a déjà effectué ce pèlerinage avec sincérité n'est jamais revenu sans une grâce, même bénigne, sans ce goût délicieux qui persiste au plus profond de soi et pousse à revenir à cette source désaltérante. Car, soyons clairs, Marie n'a jamais promis de grandes choses à Bernadette ! Sa seule promesse, et c'est ce qui nous intéresse aussi, fut de lui assurer qu'elle serait heureuse dans l'autre monde, c'est à dire dans son éternité. N'est-ce pas la grande question qui nous préoccupe ? Bien heureusement, Jésus s'offre déjà à nous en cette vie où il est même possible de connaître un certain bonheur. Mais, ce n'est qu'au-delà de la mort qu'il nous sera possible d'être véritablement dans la présence de Dieu et d'entrer pleinement dans cette éternité de vie que nous recherchons dès ici-bas.

 

Oui, partir, se mettre en route, oublier le quotidien pour vivre l'instant présent avec ce Dieu qui nous appelle, est souvent une action difficile à réaliser. Pourtant ce voyage spirituel, s'il est vécu avec régularité et dans la fidélité, deviendra vite une source de grâces fécondes.

 

Surtout, ne soyons pas dupes. Une vie d'homme est un long chemin de pèlerinage qui ne cesse qu'au dernier souffle. Dès maintenant, Dieu nous donne des signes et des grâces, notamment en ces lieux bénis où la Vierge Marie est apparue. A nous de les voir et surtout de les recevoir. Alors, sur la route du Royaume, comme les pèlerins d'Emmaüs, nous rencontrerons Jésus marchant à nos côtés pour nous guider et nous ouvrir l'esprit.

 

 + Père Stéphane

 

 

 

 

 

 

 

 

Par père Stéphane
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